366 jours en mots

L’idée m’a été inspirée au détour d’un tweet. Celle d’écrire un peu chaque jour, avec un thème imposé. Le principe, c’est celui des 366 réels à prise rapide qu’on trouve notamment chez Queneau. Je n’ai jamais été très assidue dans les challenges, j’en ai essayé plusieurs, sans jamais m’y tenir plus d’une semaine. J’ai quand même envie d’essayer. Alors, rendez-vous ici, jour après jour, pour une centaine de mots griffonnés sur la toile.

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Pour en savoir plus sur les règles de ce challenge d’écriture, c’est par ici.

Les textes sont aussi publiés sur mon blog voisin 

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7 octobre. Aujourd’hui ça casse

J’entends sa voix quand je lis son mail. J’entends son ton cassant, directif. C’est drôle de se dire que je me suis accommodée de ce ton pendant des années, parce que j’arrivais à voir ce qu’il y avait de plus tendre derrière aussi. Et aujourd’hui, ce ton cassant, sec, je ne le supporte plus et je n’entends plus que ça. Il fait partie de toutes ces choses qui nous ont rendu distantes, qui expliquent comment notre relation s’est tendue à ce point. Alors, j’essaye, sans savoir parfois pourquoi, de maintenir un lien, de donner des nouvelles. Et en retour, des mails au ton cassant qu’elle utilise trop souvent à mon goût, parfois juste une photo avec le poids et la taille de sa fille. Oui, quelque chose est bien cassé entre nous. Et je crois que cette cassure est définitive.

6 octobre – Aujourd’hui, ça passe

Les journées passent si vite, alors, qu’au final, je ne fais pas grand chose. Ça vous arrive vous de vous dire que le temps file entre vos doigts ? Et puis, se prendre une claque en réalisant que l’album Jagged Little Pill d’Alanis Morissette a 20 ans. 20 années. J’étais au collège et je me rappelle que c’est un des 1er cd que j’ai acheté. Je l’ai écouté en boucle. Et je crois qu’Hand in my pocket est toujours dans mon top 10 des chansons indispensables. 20 ans. Coup de vieux.

5 octobre. Aujourd’hui en noir et blanc

Noir + blanc, gris comme la couleur du ciel. Gris comme la couleur de mes bottines. Gris comme la couleur du bitume et des pavés, mes pas qui résonnent dans la rue. Un lundi ni tout blanc, ni tout gris, un lundi tout calme, un peu paresseux, un peu solitaire aussi.

4 octobre. Aujourd’hui une seule question

C’est quand que tu seras prêt, dis ? Non parce que là, moi, quand je vois tous ces bébés, toutes ces poussettes partout autour du lac pendant notre balade, je me dis que je ne suis pas trop loin de l’être. Alors, oui, j’ai la frousse, mais j’ai surtout cette envie de plus en plus forte en moi. Alors, j’attends, j’attends que tu me rejoignes là, qu’on en ait envie tous les deux, qu’on décide tous les deux que c’est le moment.

3 octobre. Aujourd’hui comme un avis à la population

Je suis vraiment trop sensible parfois, et je prends vraiment tout trop à coeur. Et c’est chiant. Mais heureusement, après l’orage, il y a eu la réconciliation, les mots qui font du bien, la balade et ce joli moment en terrasse. S’engueuler c’est pas grave, c’est même normal je crois quand on vit en couple, mais l’important, c’est d’en parler, et de savoir se réconcilier, pour avancer. Voilà, c’est banal, mais vrai.

2 octobre. Aujourd’hui un visage

On est vendredi, et désormais, le rituel est là, bien installé. On a chacune une tasse de thé, qu’on déguste devant l’écran, à 800km de distance. On se raconte notre semaine, les détails qui ne tiennent pas toujours dans un mail. Je la sens mieux, et cela m’enlève comme un poids de savoir qu’elle va bien. Elle trouve toujours les mots, là derrière l’écran, pour me remonter quand je suis un peu en bas, pour me rassurer quand je suis angoissée. On est vendredi et à travers l’écran, via Skype, cette merveille du monde moderne, je vois le visage de ma maman. Et c’est chouette.

1er octobre. Aujourd’hui perte de

…patience. Toujours et encore mes problèmes administratifs. J’ai fini par craquer devant un énième bureau, j’ai failli fondre en larmes, mais non, j’ai résisté et à la place, je ne me suis pas laissée faire. J’aurais donc perdu un mois à naviguer d’une information fausse et contradictoire à une autre, à rencontrer des gens fermés, obtus, incompétents même parfois. J’ai dû hausser très fort la voix au téléphone pour qu’on daigne me répondre. Et maintenant, quoi ? J’ai envoyé le fameux dossier demandant à pouvoir transférer mon assurance santé ici, mais on m’a bien fait comprendre que ça serait refusé. Tout ça pour ça, pour rien. J’ai bien peur d’avoir perdu, David contre Goliath tout ça quoi.

30 septembre. Aujourd’hui un amical.

Manque. Là, maintenant, il me manque une copine pas loin à qui je pourrais raconter ce qui m’a empêché de dormir cette nuit et qui m’angoisse toujours aujourd’hui. On irait boire un thé et manger une part de cheesecake et elle arriverait à me faire rire. Y a des trucs qui se racontent pas par mail, ni même par Skype d’ailleurs je crois. D’ailleurs, en fait, je sais même si j’aurais envie d’en parler, oui je sais, je suis compliquée. Et puis pas d’inquiétude, y a rien de vraiment grave.

29 septembre. Aujourd’hui j’ai fait de mes mains

(ah ah je suis la fille la moins manuelle de l’Univers)

Environ 200km, un volant entre les mains. Il faisait beau, les paysages sont jolis, alors le temps passe vite malgré les petites routes de campagnes et les villages traversés. Direction la première ville à la frontière, pour une prise de sang. L’occasion, aussi, de me faire plaisir en ces moments de serrage de ceinture intensif en achetant des petits hauts chez Camaieu. L’occasion de remplir les placards de nourriture introuvable ici. L’occasion de céder à l’appel du MacDo’ avant de reprendre la route. De mes mains, j’ai donc conduit, dépensé de l’argent et c’était vraiment pas raisonnable mais tant pis, j’ai mangé des trucs gras et sucrés, mais tant pis, aussi. Et là, j’attends juste qu’il rentre pour le serrer dans mes bras.

28 septembre. Aujourd’hui derrière la vitre

Derrière la vitre de la voiture je vois les paysages devenus si familiers en l’espace de quelques semaines. Je connais chaque virage, chaque feu, chaque étape désormais. C’est étrange comme on s’habitue vite au changement parfois. Derrière la vitre du salon, je regarde les arbres bouger au gré du vent. Devant moi, de l’herbe, on a la chance d’avoir une vue dégagée. Je regrette notre vue paradisiaque, celle du bord de la rivière avec les arbres, l’eau, les canards et les cygnes. Et puis, je suis interrompue dans mes pensées un brin nostalgiques, quelqu’un est arrivé dans mon champ de vision. Tiens, c’est l’un des voisins du dessus, ils ont encore fait tomber la balle avec laquelle ils jouent comme des idiots sur leur balcon. Quatre appartements occupés dans l’immeuble, et au-dessus, nous voilà avec deux jeunes bruyants qui s’amusent à lancer un ballon de foot contre les murs et le plafond de leur balcon le soir. Excédés, vendredi soir, on a sonné chez eux vers 23h30 pour leur demander d’arrêter, ils nous ont ouvert, avec leur air idiot et leur coupe de footballeur ridicule. Au moins, ils ne le font plus le soir. Je soupire.

27 septembre. Aujourd’hui pour ligne d’horizon

L’eau bleue transparente entourée de part et d’autre d’arbres qui prennent de plus en plus les couleurs dorées de l’automne, les petits remous qui se font de plus en plus forts à mesure qu’on approche des chutes. S’asseoir sur un banc au bord du chemin étonnamment désert en ce dimanche ensoleillé qui sent bon l’automne qui approche à pas feutrés. Se serrer l’un contre l’autre, et rire pour rien. Parler de tout et de rien. Se taire et savourer l’instant. Marcher, monter, descendre les escaliers, se poser devant ce panorama devenu familier mais qu’on se plaît à redécouvrir, encore et toujours. Regarder les chutes là, devant, sans rien dire, pas besoin de mots, on est juste bien, là, tous les deux, l’eau pour ligne d’horizon.

26 septembre. Aujourd’hui un meuble a des formes

Je rêve d’une bibliothèque sur mesure, une bibliothèque qui occuperait un mur entier, qui pourrait contenir des centaines de livres, de dvd, avec des photos et des bougies pour la décorer. Une bibliothèque d’un bois pâle, doux. Pour le moment, ce meuble a encore la forme d’un rêve.

25 septembre. Aujourd’hui où étiez-vous entre 13h et 13h05. Que faisiez-vous ? Vous avez un alibi ? 

Je crois bien que j’étais en train de manger mon dessert devant la télé. J’étais seule, alors va falloir me croire sur parole. En même temps, je suis plutôt du genre fiable et sérieuse comme fille, je vois pas pourquoi je mentirais. Et puis, un alibi pour quoi, hein, d’abord ?

24 septembre. Aujourd’hui nouvelle connexion neuronale

Tiens, on est le 24. Je vais envoyer un mail à ex-BFF-A qui, « parce que j’ai pas toujours pas internet » dans sa nouvelle maison, ne répond pas (vraiment) à mes mails. Ce qui m’agace n’est pas qu’elle ne réponde pas, non, mais qu’elle invente une excuse aussi…nulle, à l’heure de la 3G et surtout qu’elle passe ses journées à l’école où elle a Internet. Ok on est plus vraiment proches, ok les relations sont peu naturelles voire tendues, mais je pensais, naïvement peut-être, qu’on était capable de se donner des nouvelles malgré tout. Voilà, aujourd’hui, sa fille a six mois, alors je retente un contact. La réponse arrivera le soir, un mail intitulé « merci » avec une photo de la petite, sans rien de plus.

Dans la journée je repense à elle, à nous, à moi, à elle aussi, l’autre ex-BFF qui me manque tant, avec qui les relations sont au moins redevenues plus naturelles. Et puis, je sais pas pourquoi, je repense à nos discussions quand nous étions célibataires sur les « critères » qu’on aimerait avoir chez notre futur mec ou sur ceux qui nous feraient fuir. Et je souris parce que je me rends compte à quel point tout ça n’a pas vraiment d’importance. A., qui détestait l’odeur du tabac, vit avec un mec qui fume deux paquets par jour. C., qui évitait comme la peste sur le fameux site les mecs déjà papa, vit un début d’histoire très chouette avec…un papa d’un fils de 7 ou 8 ans. Et moi ? Je me voyais avec un mec littéraire, qui aimerait regarder des séries avec moi et aller à Londres. Et puis, finalement, rien de tout ça, mais tellement d’autres choses plus chouettes qui font que je suis plus heureuse aujourd’hui que je ne l’ai jamais été et que je me sens…à ma place.

23 septembre. Aujourd’hui ça tombe

Ciel gris, vent, pluie. Elle frappe les carreaux et me fait dire que je suis bien, là, dans l’appartement silencieux. Je frisonne, il est 16h20, tiens je vais me faire un thé à la châtaigne. Mon téléphone vibre, tiens un mail. Oh des nouvelles d’une ancienne collègue, ça tombe bien, je voulais justement lui envoyer quelques mots aussi.

22 septembre, Aujourd’hui, quatre murs…

Les quatre murs, blancs, de mon bureau dans lequel j’ai passé quelques heures aujourd’hui encore à travailler, surfer sur le net. Les quatre murs, un peu décorés, de cette salle que j’occupe quelques heures par semaine, là-bas, dans cette école. Aujourd’hui, je m’y suis sentie si bien entre ces quatre murs. A ma place, à l’aise, les minutes de cours ont filé si vite et c’était si agréable. Et puis les quatre murs du salon de cet élève russe, ils sont décorés des dessins de sa petite sœur que j’admire pendant qu’il s’échine à comprendre le texte que j’ai apporté pour lui faire réviser son examen. Les derniers, les quatre murs de notre chambre. Le dos calé par un oreiller contre un mur, je finis la journée en lisant, comme souvent.

21 septembre, Aujourd’hui, pas envie de…

Lundi, pas envie de me lever, j’ai mal dormi, il fait si bon sous la couette. Pas envie de faire le ménage, non, je le ferais un autre jour. Pas envie d’aller faire ce cours de français à 19h, alors qu’en fait, si, c’était sympa. Pas envie de me creuser la tête pour savoir quoi écrire ici, non, pas envie, alors on arrête là pour aujourd’hui parce que décidément, je ne suis pas inspirée.

20 septembre, Aujourd’hui, un outil pour…

… un chouette dimanche à l’atmosphère automnale. Un petit-déjeuner en amoureux. Une escapade en voiture, avec le dernier AaRON en fond sonore. Les petites ruelles typiques de ces villes de Suisse qu’on aime tant découvrir. Le bruit des bottines sur les pavés. Renouer avec le plaisir d’un trench et d’un foulard multicolore autour du cou. Son idée brillante, « tiens et si on allait se prendre un goûter » couplée à mon « regarde, un Starbucks. Un latte macchiatto caramel et un cheesecake à la framboise. Préparer la semaine, mettre un vernis à la teinte automnale. Le reste de la quiche tomates / gruyère / moutarde. Lire sous la couette.

19 septembre, aujourd’hui, profonde pensée philosophique…

Je ne suis pas sûre d’arriver à émettre une quelconque pensée philosophique et encore moins profonde. Moi et la philo, nous ne sommes pas très amies en fait, faut dire que j’ai jamais eu un vrai cours de philo de ma vie et que j’ai des (grosses) lacunes là-dessus. Voilà. Une fois qu’on a dit ça, que dire ?

Je pense qu’il faut une sacré dose de philosophie (couplée à un portefeuille très bien garni qui permet de ne pas trop regarder à la dépense et/ou d’être un peu masochiste) pour vivre à Zürich. On a découvert la ville aujourd’hui, ses magasins de luxe, ses magasins qui proposent les mêmes produits qu’en France, mais à un prix près du double de celui de la France. Il m’a fallu une sacré dose de philosophie pour ne pas pleurer de rire / de ridicule devant les prix pratiqués au corner CdC de ce grand magasin de Zürich. J’ai eu du mal à garder mon calme aussi devant le saumon fumé à 169 euros le kilo ou cette boîte de sucre…à 10 euros. Et c’est avec beaucoup de sagesse, notion toute philosophique, que j’ai décidé que jamais, au grand jamais, je ne ferais de shopping à Zürich. Non, pas avec la France à deux heures de route.

18 septembre. Aujourd’hui moment du réveil

Vendredi, jour de la semaine où son réveil sonne avant le mien (qui ne sonne pas en fait car je n’ai pas de cours ce matin là). Alors, encore ensommeillée, je me glisse entre ses bras qui me serrent et je commence ma journée par ce petit moment de douceur, de complicité, de tendresse. Il se lève, je me rendors un peu, et je me réveille une heure plus tard, pour de bon cette fois. Je vais ouvrir les rideaux, puis la fenêtre et paresse un peu au lit avec l’air frais qui envahit la chambre. Mon ventre gargouille, j’ai faim, c’est l’heure d’aller dans la cuisine pour le petit-déjeuner.

17 septembre, Aujourd’hui, dommage

Dommage, je n’ai pas pris le temps d’écrire hier, je l’avoue. Je n’avais même pas regardé le thème, c’est dire. Alors, dommage, j’ai pas grand chose d’intéressant à raconter. Hier il a plu toute la journée, je suis allée faire mon cours comme tous les matins et ça s’est plutôt bien passé, enfin je crois. Je suis rentrée, j’ai pris un thé devant mon ordinateur. J’ai bossé mes cours à venir. J’ai traîné sur le net. J’ai re-regardé les deux derniers épisodes de Grey’s Anatomy et l’amoureux est rentré de son boulot. Et c’était bien. Voilà. Hier c’était une journée un peu comme les autres. Dommage pour ceux qui aiment les rebondissements.

16 septembre, Aujourd’hui, une affiche…

Je me suis demandée de quoi je pourrais bien parler aujourd’hui. Et puis, voilà, l’affiche promo de la saison 12 de Grey’s Anatomy est sortie et je la trouve très très chouette. Grey’s Anatomy, c’est la série que je suis de nouveau depuis deux ou trois saisons de façon régulière, que je regarde par plaisir, envie, sans cynisme. La série qui m’émeut toujours, dont j’adore les personnages, les anciens toujours là, les nouveaux qu’on adore (Amelia <3). J’attends avec impatience le retour des rendez-vous du vendredi pour découvrir le nouvel épisode de la semaine. Et puis, en ce jour un peu gris, cette affiche, elle me parle.

15 septembre, Aujourd’hui, agacée de…

Agacée, voire même usée. La cause ? Des tracasseries administratives qui m’empêchent toujours d’obtenir un foutu permis de résidence ici. La raison ? Il me faut une assurance santé. Or, j’ai le droit d’être couverte pendant deux ans par mon assurance santé française. Après avoir dû réclamer pendant des semaines, j’ai enfin obtenu le précieux sésame, un formulaire « type », un formulaire bateau, commun à tous les pays de l’espace Schengen. Ce sésame, il me permet de transférer mes droits de France en Suisse sans devoir payer le rein demandé chaque mois par le système suisse. Il me permet aussi de pouvoir être soignée en France, ce qui m’arrange vu que soigner mon hyperthyroïdie ici ne m’apparaît pas une perspective réjouissante (et surtout ça va me coûter un rein, ou un bras, voire les deux). Sauf que. Personne n’a l’air de connaître ce foutu formulaire ici. On me dit que non, c’est pas possible, que je dois payer. Et en France, on me confirme, encore et encore, qu’avec le fameux formulaire, il n’y a jamais de problème, que c’est simple, automatique. Non, jamais. Sauf cette fois-là.

(désolée pour le style très relâché du jour)

14 septembre. Aujourd’hui un gros mot

« Putain ». Le mot est soufflé bas, mais pourtant je l’entends bien. Je viens simplement de lui demander de répondre à la prochaine question. Ce n’est pas la première fois. Il n’aime pas les cours, il rêvasse, a envie de dormir, ne comprend pas pourquoi il doit avoir des cours de français alors qu’il le parle (mal). Il me teste aussi sans doute. Il ne m’impressionne pas du tout. J’ai eu tellement pire. Bien plus, je le trouve même un peu ingrat. Je sais le prix que les parents payent pour que leurs enfants étudient dans cette école. Je le trouve bien peu conscient de sa chance, celle de pouvoir étudier dans un cadre privilégié. Certes, on peut me rétorquer qu’il a aussi le droit de ne pas aimer l’école, d’avoir des difficultés. Je suis d’accord. Mais le manque de respect et la paresse, ça j’ai plus de mal à l’encaisser. Mais je n’abandonne pas, ça non. Il est têtu, moi aussi.

13 septembre. Aujourd’hui escaliers / escalators / ascenseurs

Y a des fois comme ça où je me déteste, où j’aurais envie de me mettre des claques. Cette hypersensibilité couplée à mes hormones qui font le yo-yo avec mes problèmes de thyroïde qui n’arrangent rien. Ces fois où je prends les choses trop à cœur, où je réagis trop fort, où je m’énerve, où on dirait une petite fille qui fait un caprice. Je regrette rapidement, la sensation d’être injuste, d’avoir gâché un bon moment, et puis de devoir lui faire supporter cette partie de moi que je soigne. Parfois, mon moral fait l’ascenseur, et c’est fatigant.

12 septembre, Aujourd’hui, a cinquième personne qui va me parler…

Je crois bien que c’était cette vendeuse chez Comptoir des Cotonniers. Journée shopping en France à deux, et évidemment, nos pas nous mènent vers cette boutique que j’aime tout particulièrement. A peine le pied posé dans le magasin, elle nous aborde, tout sourire. Elle ne va pas me lâcher d’une semelle. Souriante, serviable. Elle fait bien son travail, connaît bien ses produits. Mais c’est un peu trop. Trop pressante, trop enthousiaste, trop pousse-consommation. Je sais que les vendeuses de cette marque sont pressurées par leur hiérarchie, il faut faire du chiffre, vendre. Et ça se voit. Moi qui n’aime pas vraiment les vendeuses envahissantes, je ne peux m’empêcher de tressaillir quand elle me met un sautoir ou un foulard autour du cou si spontanément. Elle ne fait que son travail et je la plains un peu de travailler dans des conditions que je sais stressantes. Mais la farouche indépendante en moi se réveille encore plus que d’habitude dans ces moments-là. Je ne suis pas à l’aise, je le sens, je le sais, ça se voit.

11 septembre, Aujourd’hui, l’écran…

Vendredi, je ne travaille pas, je suis censée préparer des cours pour bien m’avancer. La motivation m’a désertée. Alors, à la place, je surfe sur le net entre blogs pas toujours intéressants, des gifs de Cristina Cordula, des e-shops de mes boutiques fétiches en France. Et puis, là, je clique, et je me prends une claque qui me laisse au bord des larmes. J’ai découvert, lu, aimé, partagé et j’ai même décidé de l’étudier avec ma poignée d’élèves, la planche de Zep. Ca s’appelle « Mi-petit, mi-grant » et c’est fort, très fort.

10 septembre, Aujourd’hui, contenant et contenu…

Le contenant, c’est ce mug rouge avec des petites croix blanches, le mot Switzerland en blanc explique le pourquoi du rouge et des croix. Le contenu, c’est mon thé de toujours, un Earl Grey que j’aime bien infusé et bien sucré. Je devrais préparer mes cours, mais j’avais pas très envie aujourd’hui, autant l’avouer. A la place, j’ai fait le ménage dans tout l’appartement. Et là, je mange mes derniers shortbread en surfant sur le net, et évidemment, en buvant mon thé. Bref, je procrastine et ça fait du bien aussi, parfois.

9 septembre – Aujourd’hui, reflet

Il est identique à celui d’hier, d’avant hier, même d’il y a un mois. Si changement il y a, il est imperceptible à l’oeil nu. Et pourtant la date sur le calendrier ne ment pas, une année est passée. Je me regarde dans la glace et je trouve que je ne fais pas vraiment ces 32 ans.
Ce chiffre je ne l’aime pas. On a beau me dire que je suis jeune, dans le « bel âge », que c’est bien de vieillir car cela veut dire aussi avancer et évoluer. Oui tout ça, je l’entends, j’y reconnais même une certaine vérité emplie de bon sens et de sagesse.
Mais, il y a cette partie de moi, plus forte ces derniers temps, qui aimerait remonter le temps, s’arrêter à 30-2. Non pas pour revenir en arrière, non. Pas par envie quelconque de retrouver mon autre vie, celle d’avant, sans lui, sans moi en mieux, sans nous. Surtout pas non. Mais pour être celle que je suis aujourd’hui à ses côtés plus tôt.
Tic tac fait l’horloge, ce soir plus forte que d’habitude.

8 septembre – Aujourd’hui, croire que 

J’ai envie de croire que ce n’est que le début, que la première étape. Que bientôt, un jour, mais pas dans trop longtemps, j’aurais plus que ces quatre cours par semaine. J’ai envie de croire que je serais à nouveau une prof entière dans une équipe, que j’aurais mon nom sur un casier et une place dans une staff room. J’ai envie de croire que tout ça va continuer à avancer.

7 septembre, Aujourd’hui, une affaire de choix

Le premier choix, en ce jour de rentrée, de nouveau travail pour moi, est finalement un peu superficiel. « Comment vais-je m’habiller ? », voilà bien tout ce dilemme résumé en une simple question. Recherche du savant et délicat équilibre entre le bien paraître, la bonne impression, le goût personnel, le confort, l’environnement. Ne pas paraître trop décontractée, ni trop guindée, et puis lutter contre cette allure un brin trop juvénile de mes traits (même si je me réjouis chaque jour de ne pas paraître mes 30+bientôt 2 années). Finalement, j’ai choisi la simplicité d’un chemisier et d’un jean, tout ça pour ça me direz-vous.

Et puis, assise sur le fauteuil rouge d’une « staff room » un peu trop silencieuse et trop inconnue pour le moment, j’ai ressenti une vague de nostalgie et j’ai repensé à nos fauteuils bleus, à cette salle pleine de défauts, mais toujours chaleureuse, remplie de rires et des collègues devenues amies. Et là, si j’avais le choix, oui, j’échangerais mes nouveaux élèves bien sages contre mes élèves moins sages rien que pour retrouver ces moments-là de détente et de partage avec elles.

6 septembre – Aujourd’hui le piège…

Il est là, il m’observe et m’appelle. Je résiste à sa tentation. Non, je ne céderais pas à la panique, aux doutes, aux remises en question, aux « et si ça se passait mal », « et s’ils me trouvaient nulle, pas intéressante ». Demain, c’est mon premier cours dans la nouvelle école avec mon nouveau rôle sur les épaules, et j’ai peur qu’il soit un peu lourd pour ma petite carrure. Alors, pour ne pas penser à tout ça, je suis allée courir pour la première fois avec l’amoureux en forêt ce matin. Ça faisait partie de mes résolutions de rentrée en plus, ça tombait bien. Et puis, cet après-midi, on a été se balader dans une petite ville typique nichée au bord du Rhin et j’ai pas pensé à tout ça. J’étais juste bien.

5 septembre – Aujourd’hui, carrelage

Le carrelage froid accueille mes pieds-nus. J’ai les cheveux en bataille et, encore ensommeillée, je me frotte les yeux. Il est pourtant 10h, moi pour qui se lever à 9h représente une grasse matinée. Il faut croire que mon cerveau en ébullition ces derniers jours, toujours en train de penser à mes futurs cours, à ce que je vais proposer à mes nouveaux petits élèves, tout cela m’a fatigué plus que je ne le pensais. Les petits déjeuners du week-end ont cette saveur particulière, car on les partage tous les deux et qu’on y accorde un peu plus de temps. Pas besoin de beaucoup de mots pour se comprendre, les silences se font confortables alors qu’il déguste son café et moi mon thé. On élabore les menus de la semaine, et puis « tiens demain on ira marcher en forêt, ça fait longtemps ».

4 septembre – Aujourd’hui, douceur de…

Parce qu’il faut bien commencer un jour…
Aujourd’hui il y a eu la douceur de l’air qui s’engouffre par le battant ouvert de la fenêtre alors que je suis en train de bûcher sur mes préparations de cours. Toutes ces nouveautés, ces inconnues, ces choses à concilier, les remises en question soudaines à la moindre idée qui pointe le bout de son nez. Il y a quelque chose d’apaisant, une sensation de liberté aussi quelque part de sentir le vent caresser doucement son dos ainsi. Travailler en musique aussi, et accompagner sa journée des mélodies douces, atmosphériques et profondes d’AaRON. Les épaules endolories, le plaisir mérité de s’accorder une pause avec les douceurs sucrées de quelques shortbreads et d’un thé. Et puis aujourd’hui, comme hier et sans nulle doute comme demain, avec la certitude insolente de ceux qui savent, la douceur de son étreinte quand il me serre dans ses bras.

3 comments on “366 jours en mots

  1. Coucou. Moi je les lis ici tes notes quotidiennes parce que je pense pas toujours au tumblr. J’aime beaucoup (déjà dit je sais 🙂
    Par contre, petite suggestion si je peux me permettre, ce serait plus simple à lire si tu les mettais à l’envers, c’est à dire la dernière toute fraiche en haut. Enfin tu fais ce que tu veux (c’était donc le comm’ utile du jour ^^).
    Ps : faudra qu’on se débriefe le dernier album d’AaRON aussi

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