Ces derniers mois, je me suis souvent connectée ici,et puis rien. La page blanche. Le manque d’envie. Les jours passent, et je ne sais pas si j’ai envie de continuer. Et puis, mon nom de domaine va arriver bientôt à expiration et je n’ai pas envie de le renouveler pour le moment.

Pour ne pas perdre mon blog et me laisser une porte de sortie, j’ai tout transféré ici

https://iwannabelikemeblog.wordpress.com/

Pour le moment, je ne sais pas si je vais rebloguer prochainement, où, quand ni comment. Je n’ai plus d’inspiration, c’est aussi simple que cela. Je ne ferme aucune porte, ni même celle de racheter plus tard un nom de domaine.

A bientôt peut-être, et merci à tous et à toutes pour votre fidélité et vos jolis mots laissés sur le blog au fil des mois. Je continue à être sur Twitter et Instagram et à vous lire, évidemment.

Céline.

La nouvelle année

Le 1er janvier 2017,  

source – freestocks.org

Les yeux encore un peu fatigués par la nuit un peu courte et les coupes de champagne partagées en famille pour fêter l’année écouler et annoncer la nouvelle, je profite de ces instants de calme, de cet entre-deux du matin du premier jour de l’année pour renouer enfin avec les mots. Je n’ai jamais été très douée pour les résolutions de la nouvelle année, immanquablement remisées au fond d’un tiroir. La faute à mon inconstance, et puis, au quotidien que je laisse sans doute trop me diriger parfois.

Alors, le dernier jour de 2016, je suis allée dans cette papeterie de ma ville natale que j’aime tant (la papeterie et la ville d’ailleurs), et je me suis offert un bel agenda Moleskine à couverture souple rouge. Une page, un jour. Un beau stylo qui glisse sur le papier pour l’accompagner. Ecrire un peu chaque jour. Parfois beaucoup, parfois quelques mots, des petits riens, des questionnements existentiels. Et avec l’envie, aussi, derrière tout ça, d’insuffler un peu (il serait temps non ?!) un peu de régularité à cet espace dont je n’ai décidément pas envie de me passer.

Décembre a été froid, brumeux et les vacances et la respiration d’une escapade dans nos familles en France attendues avec chaque jour un peu plus d’impatience. Et enfin, la route, les kilomètres avalés, les noms et paysages familiers. Et ce ciel doré pour nous accompagner à la tombée de la nuit. Une première semaine de vacances-repos-allons voir la mer car elle n’est jamais aussi belle qu’en hiver. Et puis Rouen, si belle avec les lumières de Noël et ses quais aménagés. Revoir mes amies, boire un cocktail et rire. La pizzeria fétiche et les rues pavées. Notre 31 en famille et savourer ces moments-là. Déguster une galette avant de repartir. Profiter de mes parents. S’aimer et pencher ma tête sur son épaule ou caresser doucement sa main. Commencer le premier livre de 2017. S’aérer en forêt.

Et puis, malgré tout, essayer de tenir ces résolutions-là.

¤ Cultiver la bienveillance, encore et toujours. Et ne plus céder à la critique souvent trop facile.

¤ Développer ma créativité et nourrir mon inspiration.

¤ Insuffler plus de régularité, que ce soit dans le quotidien (et se débarrasser pour de bon de l’ennemie procrastination) ou dans l’écriture.

¤ Prendre soin de moi. En se mettant au sport, par exemple et en faisant régulièrement.

¤ S’apaiser.

Mais de tout, je me souviens…

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C’était un dimanche après-midi comme un autre, il faisait beau et on a décidé d’aller marcher en forêt. On parlait de tout et de rien, comme souvent, et puis, on a réalisé que ça faisait plus d’un an que je l’avais rejoint ici et que nous avions changé de vie. On a souri, et on s’est dit que nous étions fiers de nous. Je me suis sentie si légère en disant ces mots si rares chez moi. Je suis fière de nous. Je suis fière de moi.

Je ne suis pas quelqu’un qui a pour habitude de se faire des compliments, qui s’auto-congratule et qui a une solide confiance en soi. Au contraire même, je suis plutôt exigeante et critique envers moi-même. Je doute, je m’interroge, je laisse la peur me freiner et s’immiscer. Alors, ces cinq mots ont un sens, une substance. Ils sont rares, et d’autant plus précieux à mes yeux.

Je suis fière de moi. Fière de nos quinze premiers mois en terre étrangère. De ce que j’ai accompli, de ce que nous avons bâti ici, étape par étape. Quand j’ai annoncé mon départ, quand j’ai expliqué que oui, j’allais le rejoindre, que oui j’allais quitter mon travail, ma famille, mes habitudes, je sais que certains n’ont pas compris. Certains n’ont pas accepté mon choix, l’ont jugé, m’ont jugé. Peut-être que ça partait d’un bon sentiment, celui de vouloir que tout aille bien pour moi. Peut-être que ces personnes se sont inquiétées parce qu’elles tenaient à moi. Mais, je sais aussi que d’autres ont émis un jugement, ont pensé que je faisais une terrible erreur et ne m’ont pas offert le moindre soutien. J’en ai souffert. Aujourd’hui, si je suis fière de moi, c’est aussi en partie pour cette raison. Sans amertume ni supériorité ni jugement. Ou simplement en se disant que s’ils ont réagi ainsi, c’est peut-être qu’ils savaient au fond d’eux-mêmes qu’ils n’auraient pas être capables de partir ainsi et de tout recommencer ailleurs.

Parce que c’était courageux de partir. C’est courageux de changer de vie. Et c’est difficile. On tombe, on se fait mal, on a peur, on a des doutes, on se sent perdu. Parfois, on le regrette même. Mais partir m’a fait grandir. Mûrir. Muer. M’affirmer. Je suis plus forte, je me sens plus solide. J’ai changé. Je me retourne et je regarde la petite fille un peu terrorisée que j’ai laissé de l’autre côté de la frontière avec un sourire nostalgique et le sentiment d’avoir eu raison.

Je suis fière de nous, d’avoir su préserver et faire grandir notre couple malgré la distance et l’expatriation. Je suis fière d’avoir réussi, en une année, à me reconstruire ici. Je suis fière d’avoir un travail qui me plaît, dans lequel je m’épanouis, et qui me permet de retrouver peu à peu une petite indépendance financière. Je suis fière d’avoir su m’adapter à un environnement totalement étranger. Fière et heureuse de prendre plaisir à enseigner le français et de savoir que mes compétences sont appréciées et reconnues. Fière de ce nouveau chapitre, de ces nouvelles rencontres qui m’enrichissent.

Rien n’est parfait, ni achevé. Le chemin est encore long. Notre vie ici n’est encore qu’une ébauche. Il reste tant à faire. La barrière de la langue encore trop présente, les relations qui se nouent encore difficilement. Continuer à avancer, à progresser. Mais, ça, c’est la vie non ? Changer, évoluer, se remettre en question, avancer, progresser, tomber, parfois, mais toujours se relever. Se respecter, s’écouter, découvrir, apprendre. Savourer les petites et les grandes victoires. Etre fière de soi et des autres. S’aimer.

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Toc, toc

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Deux mois sans t’avoir écrit ici. Je pourrais te dire que c’est par manque de temps, mais ça serait te mentir et s’il y a bien une règle que je me suis fixée quand j’ai commencé à bloguer il y a plus de dix ans, c’est bien celle de toujours te dire la vérité. La vérité, c’est que je n’avais pas envie d’écrire, ou que je ne savais pas trop quoi écrire. Ou comment l’écrire. La vérité, c’est que je me suis demandée si j’allais vraiment revenir. Je me le demande toujours un peu d’ailleurs.

Alors, aujourd’hui, je suis là. J’entrebâille la porte, je marche sur la pointe des pieds, un peu timidement. Après de jolies vacances en France, la mer, la Bretagne, quelques balades en Suisse et mes premières baignades dans le Rhin. Un regard sur le calendrier et cela fait déjà un an que je suis ici. Et je me sens tellement mieux que l’an dernier à la même époque, et j’ai aussi envie de revenir pour t’en parler. Une prochaine fois.

Et ces deux mois de silence alors ? Il y a eu la semaine en Bretagne et cette sensation si agréable de lui faire découvrir les endroits que j’aime tant. Se rappeler ces vacances il y a plusieurs années où je me disais que j’aimerais revenir avec mon amoureux, et ce petit frisson qui traverse le corps à l’idée que ça y est, c’est fait. La première soirée, le cidre, une galette de sarrasin aux St Jacques et le coucher du soleil. La côte de granit rose et ses paysages qui m’apaisent toujours autant. Les randonnées qui rendent les jambes endolories, mais font sourire de satisfaction. Une balade pluvieuse en bateau et une île inhabitée entourée de brouillard. Profiter de la France, de nos familles, manger des bonnes choses, rire, faire des photos, aller à la Rochelle. Et puis, le retour en Suisse et la découverte de Lucerne, peut-être que je t’en reparlerais aussi.

J’ai repris le travail, et je prends de plus en plus de plaisir à donner mes cours de français. Pour la première fois, j’ai des élèves de neuf-dix ans et j’adore ce public spontané, enthousiaste et les entendre balbutier des « bonjour, je m’appelle » avec leurs petits accents étrangers. Je travaille plus que l’an dernier, et j’en suis très heureuse.

Et puis, il y a tous ces petits riens. Je me suis enfin décidée à regarder Gilmore Girls et c’est très chouette de faire un tour à Stars Hollow un peu chaque jour.  Et comme je suis un mouton, voir Lorelai et Rory boire des mugs énormes de café m’a donné envie de boire à nouveau un café de temps en temps. J’ai du mal à ouvrir un livre depuis le retour des vacances, et c’est mal. Pendant l’été, j’ai enchaîné les romances légères de chick-litt et maintenant, je ne sais pas ce que j’ai envie de lire. Alors, j’attends que l’envie revienne. J’ai eu un an de plus et de très chouettes cadeaux. J’ai découvert le bonheur de se rafraîchir dans le Rhin, et nos après-midi baignade / bronzage au bord du fleuve vont me manquer quand l’automne aura pointé le bout de son nez.

Septembre est là, je suis là, j’attends l’automne, et tout va plutôt bien. Et toi, comment vas-tu ?

source @helenkorpak

L’odeur des pivoines

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Une jolie surprise qui toque à la porte, et mon regard surpris aux larmes de voir des fleurs m’être livrées. Le cœur qui sursaute en lisant la carte. L’odeur des pivoines qui font oublier celle de l’hôpital et qui fait flotter un air de printemps ensoleillé dans la chambre.

Le plaisir infini de l’eau chaude qui coule sur les épaules endolories.D’une bouillotte qui détend les muscles mis à mal par l’opération.

Sa présence, son attention, ses gestes. Savoir qu’il est là, que je peux me reposer sur lui, que je ne suis pas seule, mais aimée, entourée, épaulée.

Les messages de soutien, pour savoir comment je vais, qui étonnent parfois tant on ne les attendait pas. Comme le mail de cette maman d’élève. Votre présence, votre réconfort. Et ma mère, au bout du fil, si loin, mais si proche, quand des larmes de fatigue coulent sur mes joues et qu’elle me rassure avec sa douceur et ses mots.

Le croissant dégusté avec un thé bien chaud sur l’aire d’autoroute sur la route du retour pour reprendre des forces, et le plaisir de retrouver ce goût français qui me manque trop souvent.

Rentrer chez soi, et retrouver son lit douillet après quatre jours d’hôpital. Enfiler une tenue confortable, legging et tee shirt large devenus l’uniforme de ces jours à la maison.

Un gommage corps tout doux de chez Avène. Mettre un peu de fond de teint pour atténuer les marques de fatigue et peindre à nouveau ses ongles en rouge. Regarder dans le miroir et aimer les reflets bruns-roux qui apparaissent çà et là et qui n’attendent que le soleil pour se révéler encore davantage.

Prendre le temps, s’écouter, se reposer, lire quelques pages, feuilleter des revues et découvrir des articles qui font sourire. Les mots de Célie dans Simple Things. Cet article de Flow sur ma librairie fétiche à Rouen.

Remplir des listes de livres à lire, toujours et encore. Commencer un nouveau roman, le dix-huitième de l’année et choisir un livre un peu léger pour ces journées de convalescence « Un doux pardon » de Lori Nelson Spielman.

Retrouver le plaisir de lire des blogs avec mon mug de thé ce matin. Lire les jolis mots sur la toile, et réorganiser un peu les flux de mes blogs fétiches pour en ajouter d’autres au fil des clics.

S’offrir une petite sieste après manger, sans culpabiliser, et sentir son corps se détendre peu à peu.

Les tomates-mozzarella-basilic, avec quelques tranches de jambon fumé, huile d’olive et vinaigre balsamique, comme un avant-goût de vacances.

Ce joli plateau qui me plairait beaucoup. Ce mug aussi, d’ailleurs.

Commencer à regarder Outlander et s’émerveiller devant les paysages écossais, l’esthétisme et l’atmosphère qui se dégagent de cette série. Savourer doucement les épisodes les uns après les autres. Et rêver encore plus d’un road-trip en Ecosse.

Le soleil qui fait quelques apparitions longtemps attendues et le sentir réchauffer mes joues quand je m’installe quelques instants sur le balcon.

Un vendredi encerclé dans le calendrier, et un anniversaire. Celui de nos trois ans, c’est si peu et tant à la fois.

Image : Annie Spratt