Derrière mes silences

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Derrière mes silences, il y a une introvertie qui préfère les petits groupes aux grandes tablées, les soirées simples et calmes aux beuveries endiablées. Qui aime se réfugier derrière un livre ou devant une série. Qui aime les soirées à deux, rien qu’à nous. Les sorties en petit comité, les amitiés moins nombreuses, mais plus sincères. Au fond, je suis toujours celle qui ne se sent jamais vraiment très à l’aise dans les grandes tablées, les groupes élargis, qui reste silencieuse quand les autres parlent si fort lors des repas de famille. Cette introversion, je l’ai trop longtemps porté comme un fardeau, elle m’a trop souvent gâchée la vie à l’adolescence et dans la vingtaine. Aujourd’hui, je l’ai apprivoisé, elle fait partie de moi. Me définit, en fait peut-être ma force. Elle fait de moi ce que je suis, tout simplement. Une fille simple, discrète et calme.

Derrière mes silences, il y a mes angoisses, mes peurs, mes moments de blues. Qu’il sait si bien les déceler, comme s’il lisait en moi, parce qu’il me connaît par cœur. Ces silences l’agacent, parfois. Lui qui dis les choses, toujours, qui n’évite pas les mots, les discussions, qui ne tait ni ne cache rien. C’est une des choses que j’aime le plus chez lui je crois. Parce que j’ai trop souffert et trop vu souffrir ma mère des silences de mon père. Alors, j’apprends à parler, à mettre des mots sur mes tourbillons intérieurs. Même si je sais que je serais toujours un peu fille-éponge, qui adsorbe, qui retient, et puis qui relâche tout.

Derrière mes silences, il y a quelque fois aussi ma peur du conflit, celle qui préfère éviter la confrontation, les mots durs. Bien souvent, je préfère me taire plutôt que de critiquer, de remettre quelqu’un à sa place, de lui dire que ce qu’il ou elle dit me semble stupide, que je ne suis simplement pas d’accord. C’est sans doute un peu lâche. Mais je préfère bien souvent ignorer que confronter.

Derrière mes silences, il y a mon manque d’inspiration, cette page blanche qui me nargue trop souvent. Ces mots que je trouve si beaux ailleurs et qui me font paraître les miens bien fades. Parfois, tout simplement, le manque d’envie, de temps aussi. Le manque de confiance aussi, qui paralyse, freine. L’impression de n’être pas assez, pas suffisamment. Hésiter, douter. Et préférer alors se taire.

Et puis, il y a les silences confortables, rassurants. Ceux de l’intimité partagée, du confort, de l’amour solide. Les moments qui n’ont pas besoin de mots pour être vus, vécus, savourés. Ne suffisent alors que des regards complices, des sourires, des mains entrelacées. Ces silences-là, je les savoure.

Et vous, que se cache-t-il derrière vos silences ? 

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21 comments on “Derrière mes silences

  1. Je te rejoins complétement sur l’introversion. Je suis pareille, j’ai du mal avec les grands rassemblements. D’ailleurs nous avons été a un BBQ samedi soir et mon homme c’est tout de suite rendu compte quand il y a eu trop de monde pour moi 🙂 Bon, je suis quand même restée pour lui.
    Je te rejoins aussi d’ailleurs sur la peur de la confrontation. Pas vraiment une peur pour moi, plus le fait que je n’aime pas ça, à moins que vraiment ce soit pour quelque chose qui me tient à cœur.
    Et les silences de l’intimité et l’amour partage, ce sont les meilleurs. <3

    1. C’est toujours réconfortant de lire qu’on est pas seules à ressentir ça. Parce que parfois, dans les grandes assemblées, à voir les autres si à l’aise, parler facilement, se lier sans difficultés, on peut se sentir bien vite très mal. Je suis comme toi, je n’aime pas non plus les confrontations, même s’il m’arrive parfois de hausser le ton et de défendre mes convictions. D’ailleurs, ça étonne toujours un peu quand j’explose, tant c’est peu habituel chez moi.
      Merci de ton commentaire. <3

  2. Un bel article très juste, je suis plutôt introvertie alors je te comprend tout à fait. les soirées à deux ou les sorties en petit comité plutôt qu’une grande bande de potes, je connais. je pense qu’on apprécie plus les relations ainsi , que c’est une autre forme d’amitié 🙂

    1. Tout à fait, je pense qu’il en faut pour tous les goûts en fait. Certains aiment les soirées bruyantes, avec beaucoup de monde, je leur ai toujours préféré les assemblées restreintes que je trouve, peut-être à tort, plus sincères, plus profondes.

  3. Je me reconnais tellement dans ce que tu dis.
    Le pire pour moi c’est quand je me retrouve dans les repas de famille entourée de mes cousins « grandes gueules ». Je deviens totalement invisible…
    J’espère un jour accepter mon introversion comme tu l’as fait. Prendre conscience que, oui, je suis normale, je suis juste introvertie :).

    1. Ton commentaire m’a fait sourire ! Parce que moi aussi, mes cousins (que j’aime énormément) sont des « grandes gueules » et je finis souvent par disparaître devant le volume sonore. C’est amusant parce que la première chose que mon compagnon m’a dit la première fois qu’il a rencontré cette partie de la famille est que je suis très différente d’eux et qu’il préfère que je sois calme ! 😉
      Accepter son introversion n’est pas chose aisée, surtout qu’il y a aussi une part de pression de la société qui veut que l’on « doit » être extravertie.
      Nous ne sommes pas seules, et surtout, nous sommes ce que nous sommes, ça fait notre force aussi. 🙂

  4. OOooh, une silencieuse, comme moi !!
    Tout pareil.
    J’accepte ce que je suis.
    Mais parfois, les autres ont du mal !
    Ils ne comprennent pas ..

    1. Il est vrai que parfois, cela peut dérouter les autres, pire, parfois, on risque de passer pour une « snob » qui ne fait pas l’effort de se mêler aux autres, ce qui est loin d’être le cas…
      Merci de ton commentaire.

  5. Ceux qui me pratiquent depuis des années te diraient que derrière mes silences se cache juste une laryngite 😉

    Il m’arrive souvent de me dire que j’aurais mieux fait de me taire, en certaines circonstances…

  6. « fille éponge », ce concept me séduit beaucoup, c’es si poétique! Et je dois dire que tes mots sonnent très juste à mes oreilles, je pense que beaucoup d’entre nous sommes dans ton cas et c’est toujours réconfortant de lire des récits similaires 🙂
    A bientôt, et très chouette d’avoir découvert ton blog byw 🙂

    1. Merci de ce commentaire qui me touche beaucoup. « Fille éponge » c’est vraiment quelque chose qui me définit totalement, cette propension à emmagasiner le stress, les angoisses, les coups de blues, et puis, cela finit par déborder, comme une éponge qu’il faut essorer… 😉
      Au plaisir de te relire ici alors… 🙂

  7. Et oui c’est parfois bon de lire que nous ne sommes pas la seule ! Ces mots, ces impresssions que l’on connait trop bien…et essayer malgré tout d’aller vers les autres … et rester encore silencieuse. Merci de tes mots. Belle journée

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