Lost in translation

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Je ne sais plus comment j’étais tombée sur cet article, mais je me souviens avoir lu à mon arrivée ici un article sur les différentes phases vécues lors d’une expatriation. Et puis, cet après-midi, alors que je suis déprimée, agacée, énervée, angoissée, un peu tout ça en même temps, j’ai repensé à cet article et tout est devenu plus clair. Je crois que je suis entrée dans la deuxième phase. Celle de la crise, du choc culturel, de l’incompréhension.

Là, maintenant, aujourd’hui, je donnerais tout pour revenir à notre vie d’avant, à ma vie d’avant, retrouver mes repères, mon boulot, mes collègues, ma famille. Pouvoir aller se balader dans les rues de Rouen et entrer dans les boutiques familières. Se faire un petit plaisir shopping, comme ça, pour rien, juste par envie. Ne pas se sentir en décalage, avoir l’impression de maîtriser la situation. Parce qu’en ce moment, je me sens perdue, et même un peu rejetée pour tout dire.

Et pourtant, rien de grave non. Juste des tracasseries administratives qui me font passer d’interlocuteur en interlocuteur et me pourrissent la vie. Et ces mots au téléphone qui font mal. Ces mots qui disent qu’on ne comprend pas bien ce que je fais ici, pourquoi je suis venue ici alors que nous ne sommes pas mariés et que je n’ai pas de travail pour être indépendante financièrement. On me dit l’inverse de ce qu’on m’a confirmé à maintes reprises en France. On me balade d’un endroit à un autre, on persiste à communiquer en dépit du bon sens et de la politesse dans une langue que je ne maîtrise pas alors qu’on me comprend suffisamment pour me répondre.

Je me sens un peu perdue ces derniers jours, comme perdue au milieu d’une foule, dans le brouhaha et le tumulte. Peut-être que je prends tout trop à cœur, que je suis trop sensible, sans doute oui. Mais là, aujourd’hui, maintenant, je donnerais tout pour retrouver notre vie en France. Je n’ai pas de regrets, non, juste de la nostalgie et disons-le, un peu le mal du pays.

Et puis, tout cela joue aussi sur mon moral, et parfois je craque, comme ça, pour rien. Dans ces moments-là je me déteste, j’aurais presque envie de me mettre des claques. Cette hypersensibilité couplée à mes hormones qui font le yo-yo avec mes problèmes de thyroïde n’arrangent rien. Ces fois où je prends les choses trop à cœur, où je réagis trop fort, où je m’énerve, où on dirait une petite fille qui fait un caprice. Je regrette rapidement, la sensation d’être injuste, d’avoir gâché un bon moment, et puis de devoir lui faire supporter cette partie de moi que je soigne, mais qui reviens me hanter encore.

Alors je me raccroche au positif, à ce qui me donne de la force. Parce que même si je n’ai pas un vrai travail, pas encore non, je ne suis pas restée les bras ballants à profiter de son salaire confortable et je continue chaque jour à chercher mieux, plus. Parce que quand je flanche, il est là pour m’épauler, me rassurer, me soutenir et que j’ai de la chance aussi. Je me dis que ça va s’arranger, oui.

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22 comments on “Lost in translation

  1. Le mal du pays, c’est normal quand on part vivre à l’étranger… Surtout quand on ne maitrise pas la langue. Même moi qui l’ai vécu en Erasmus en ayant tout tracé, en sachant que je reviendrais, je l’ai eu de temps en temps.
    Ca ne fait pas bien longtemps, il faut te laisser du temps pour te sentir chez toi, apprivoiser ce lieu… Courage en attendant.
    En attendant, je t’embrasse

    1. Merci <3 Oui je pense que c'est inévitable en effet. La barrière de la langue rend les choses plus difficiles, et même si c'est à moi de faire l'effort pour l'apprendre, j'aimerais aussi que l'effort soit réciproque 😉
      J'ai tendance à être trop impatiente aussi, trop sensible aussi parfois. Ca va déjà mieux aujourd'hui, parce qu'on a parlé avec l'amoureux de tout ça, le fait d'écrire aussi m'a aidé à évacuer cette tension.
      Bises 😉

  2. Courage ! ♥
    N’ayant jamais été expatriée, je ne peux qu’imaginer ce que tu ressens mais je comprends très bien que certains jours sont difficiles. Les administratifs sont souvent cons … prends du recul 🙂
    Des bisous !

    1. Merci <3 Je sais que tu passes aussi par des moments plus difficiles alors, merci <3
      En effet, les administrations ne sont pas toujours très accueillantes, il faut que je prenne du recul par rapport à tout ça aussi.
      Bises 😉

  3. Courage !

    J’ai vécu l’expatriation en Amérique Latine et je sais que ce n’est pas facile de s’habituer, de gérer les détails administratifs (il m’a fallu plusieurs mois pour trouver comment payer mes factures là-bas ^^), mais à force, on s’y fait, on finit par comprendre, et ça nous ouvre l’esprit, ça nous donne de la force pour gérer les imprévus et faire face à nos peurs. C’est une expérience très formatrice, mais pas toujours facile.

    Bises

    1. Je pense en effet que c’est une expérience hyper formatrice, on avance, on évolue, on grandit aussi d’une certaine façon.
      Merci de ton passage ici et de ton commentaire. 🙂

  4. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui parle la langue pour t’accompagner ? C’est ce que je fais ici car les démarches que j’entreprends seule ne fonctionnent pas (et celles accompagnée pas toujours non plus). C’est frustrant et on se set comme un enfant de quatre ans qui peut pas parler à la dame mais ça fait avancer les choses. Un peu.
    Pensées !

    1. Et bien malheureusement non…. nous avions bénéficié d’une aide payée par l’entreprise de mon amoureux pour son installation à lui. Mais cette aide est désormais terminée (et on a eu de la chance car la dame qui s’occupait de nous a accepté de nous aider un peu pour mes papiers il y a quelques semaines par mail, mais désormais on doit se débrouiller sans elle).
      Tu as tout bien résumé, c’est frustrant, on se sent bête aussi parfois !
      Bon courage à toi aussi en tout cas, et merci de ton commentaire 😉

  5. Plein de courage ma belle. C’est un grand saut vers l’inconnu que tu as fait et c’est en vérité super courageux, fallait oser le faire et toi tu l’as fait. Ne t’inquiète pas ça va finir par s’arranger, je ne me fais pas de soucis pour toi, sois patiente. Mais prend soin de toi et ressource toi avec ce qui te fait du bien, le travail suivra <3

    1. <3 merci...
      Ton commentaire m'a fait beaucoup de bien, vraiment. <3
      Aujourd'hui, le ciel me paraît un peu moins gris, écrire a aussi permis de laisser sortir des émotions qui devenaient un peu trop envahissantes ;)

  6. Oh j’aime pas du tout lire ça 🙁
    En tout cas, plein de courage et de pensées à toi et si tu as besoin d’en parler, je suis là.
    Mais dis toi que tout ça n’est que passager et que de tout souci jaillit une solution. L’avenir s’annonce de toutes façons bien radieux pour vous maintenant que vous êtes à nouveau réunis <3

    1. <3 merci. Oui ça ira mieux quand mes problèmes de papier seront réglés en effet ;) Et pour rien au monde je ne revivrais les mois de séparation ^^
      Bon courage à toi aussi ;-)

  7. C’est normal d’avoir des coups de blues et de se sentir à côtés de ses pompes, tu va svoir, je pense que lorsque le côté administratif sera rentré dans l’ordre cela ira mieux . 🙂

  8. Hello,
    Je suis tombée par hasard sur ton article grâce à la Une Hellocoton.
    J’ai vu que tu étais expatriée en Suisse alémanique. Pour ma part ça fait 6 ans que je vis en Suisse, mais Suisse Romande. Je suis arrivée à 17 ans pour faire mes études à EPFL. J’ai comme toi eu du mal au début: d’administratifs, des expressions, le mode de vie.. mais j’ai fini par m’y habituer et vraiment apprécié ce pays, surtout pour l’aspect nature et sport.
    La je suis entrain de changer de canton: je passe de Vaud à celui de Fribourg pour mon travail, a nouveau j’ai le sentiment de changer de pays.. l’administratif, certaines lois et façon de faire ne sont pas pareil.. parfois ça m’épuise, d’autres fois ça me fait rire.
    J’imagine bien qu’obtenir ton permis de séjours si vous n’êtes pas marié, sans enfant et que tu ne travailles pas ici relève du parcours du combattant… Je ne sais pas quel études tu as fait mais j’espère que tu trouveras un travail facilement.
    Et surtout je suis aussi que s’intégrer en Suisse alémanique n’est pas une mince affaire. Je te conseil d’apprendre le Suisse-Allemand.. même si tu parles allemand il ne feront pas l’effort de chercher à te comprendre…
    Bon courage en tout cas.
    Tu verras , il y a aussi des points positifs. Accroche toi

    1. Merci de ton commentaire et de ton passage ici ! Ce qui bloque n’est pas tellement mon permis de séjour en tant que tel (car mon compagnon gagne suffisamment pour nous deux et nous avons fait une demande dans ce sens), mais plutôt pour mon assurance santé (mais ça serait trop long à expliquer ici ^^). Mais oui, effectivement, si nous étions mariés ça aurait été plus simple (nous sommes Pacsés mais ici ça ne vaut rien…), alors on y songe quand même si ça devient trop compliqué pour moi / nous.
      Quant à apprendre le suisse-allemand… non ce n’est pas prévu pour le moment, d’abord parce que c’est plus un dialecte qu’une langue, et que surtout, je dois déjà apprendre l’allemand qui est quand même parlée par tout le monde ici. Et puis le suisse-allemand c’est vraiment…spécial (même les collègues allemands de mon compagnon ont laissé tomber, ils n’y comprennent rien ^^).
      Bon courage à toi pour ton déménagement en tout cas, Fribourg c’est vraiment à la limite de la Suisse alémanique en plus ^^

  9. Hello !

    Des moments comme celui-là, j’en ai vécu plein quand l’amoureux et moi nous sommes installés à Québec… Je ne savais pas que c’était une phase 🙂 Mais je me reconnais complètement dans le découragement que tu décris, alors même que je n’avais pas la barrière de la langue et que je ne comptais pas m’installer définitivement… Tout ce que je peux dire, avec le recul, c’est que ça n’a pas duré si longtemps et que viendra un moment où, à force de fureter de-ci de-là, de te frotter à l’administration, de t’engueuler avec des gens… Tu te sentiras chez toi 🙂
    En attendant, prends soin de toi et profite de tout ce qui te ressource ! On se sent tellement impuissant parfois qu’on en oublie que ces choses qu’on ne contrôle pas, ne sont en réalité pas si importantes… Ce qui importe, ce sont toutes ces choses dont tu as parlé dans tes billets précédents : les balades sur le lac, les petites robes noires, la pluie qui tombe derrière la fenêtre, et l’amoureux lové au creux du canapé 🙂
    Bon courage Eleanor !

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire qui m’a beaucoup touché. Qui m’a fait du bien aussi, parce que tu as raison, tellement raison. L’important est ailleurs, c’est tellement vrai.

  10. Oui, ça ne doit pas être évident, mais tu as raison il faut s’accrocher, et tu vas passer par différentes phases plus ou moins positives… Ce n’est pas facile de vivre dans un autre pays, le choc de la langue, des cultures, fait qu’on est souvent nostalgique de ce qu’on n’a plus, même si on est heureux de ce qu’on a trouvé à la place, même s’il y a plein de compensations. Je trouve cela plutôt sain, justement, ça permet de relativiser, et on n’est pas obligé de comparer en choisissant si c’est « mieux » ou « moins bien ». C’est différent, indéniablement, mais tu vas trouver ton bonheur, laisse toi le temps.
    Tu es bien courageuse en tous cas. Et ne sois pas trop dure avec toi-même, tu as le droit de ressentir tout ça, et de le partager avec Lui.
    Je t’embrasse et t’envoie plein de courage.

    1. Merci ma jolie <3 Oui je pense que tu as raison, ça permet de comparer, de relativiser aussi et c'est un sacré défi qui fait grandir, mûrir aussi.
      Merci, je sais que je suis parfois (souvent ?!) trop dure avec moi, trop sensible aussi, je me soigne mais c'est ma nature je crois ^^

  11. Bonjour Lizzie Eleanor ; )
    Je suis fan de votre blog que je lis et relis régulièrement depuis sa découverte il y a quelques semaines.
    Vous écrivez très bien avec toute la sensibilité mais aussi la force qui vous caractérisent. Merci de ce partage et à bientôt si vous le souhaitez bien sûr. ..

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